mardi 11 avril 2017

Poussières de vie.

Pour d’obscures raisons, je n’avais pas été convié, de même que quelques proches, au passage à l’état de cendres du corps défunt de mon oncle Henri il y a quelques mois (voir billet du 29 novembre 2016). Mais ce devait sans doute être ainsi.

Ce samedi 8 avril, tandis qu’un généreux soleil envahissait un ciel uniformément bleu, je me retrouvai, avec ces quelques proches, à flanc de colline, non loin d’Annecy, pour la dispersion de ces cendres, de ses cendres, cérémonie intime et quelque peu émouvante qui était une première pour moi. Mais l’émotion ne fut que de courte durée, tant le décor allait à merveille avec ce qu’avait souhaité mon oncle, le même d’ailleurs où l’on avait dispersé celles de son épouse près d’un quart de siècle auparavant. Mes quelques larmes furent vite séchées par la brise printanière et je ne savais que trop qu’Henri n’eut guère apprécié nous voir tristes en ces instants.

Lorsque la personne en charge de l’opération se mit à balancer, tout en l’entrouvrant à intervalles réguliers pour que le contenu se répande au gré de la douce brise, le réceptacle qui me fit aussitôt penser à un encensoir, je fus surpris par la légèreté de ces microscopiques particules. Celles-ci s’épandaient en un léger et diaphane nuage, comme si chacune de ces infinitésimales particules semblaient animées d’un mouvement qui leur était propre.
Particules ? Aussitôt, mes pensées se mirent à songer au phénomène de l’intrication quantique. Celui-ci suggère l’existence de corrélations entre deux objets qui peuvent rester en relation, en « communication », même s’ils sont séparés par une grande, voire très grande distance. Ainsi, j’imaginais quelque peu naïvement que plusieurs de ces de ces grains quelconques de « poussière de vie » pouvaient fort bien se répondre et s’identifier où qu’ils pussent se trouver.
Ainsi, mon imagination avait trouvé une façon quelque peu singulière de rendre mon cher oncle vivant à tout jamais…
J’imaginais déjà ces fragments minuscules entamant un balai surnaturel et invisible, non seulement là où je me trouvais à l’instant même, mais aussi bien n’importe où sur terre, comme une présence instantanée à la fois dans le temps et dans l’espace.

Dans l’après-midi, je me rendis au sommet du Salève, cette montagne qui domine de ses mille quatre cents mètres le village du Châble-Beaumont où naquit mon père au début du siècle dernier et où j’ai sans doute acquis, et gravé, mes plus anciens et magnifiques souvenirs. Cette montagne offre un double point de vue. Côté nord, il domine non seulement le petit village mais aussi la large cuvette où l’on peut admirer Genève et le lac Léman, les monts du Jura et imaginer, car enfoui à cent mètres sous terre, le large cercle du LHC, le plus grand accélérateur-collisionneur de particules au monde. Côté sud sud-est, si le temps le permet, et ce jour-là les conditions étaient remarquables, toute la chaîne du Mont-Blanc, et même le lac d’Annecy dans son écrin de montagnes. C’était absolument fabuleux. Plus je montais par la route sinueuse au milieu de la forêt, plus je sentais l’émotion me gagner, revivant les balades de mon enfance dans les sous-bois odorants. Arrivé presque au sommet, je n’avais plus qu’une dizaine de minutes de marche avant d’atteindre le Piton, cime que je n’avais pas gravie depuis plus de cinquante ans. Comme lors de la découverte, un peu plus d’un mois auparavant, des premiers rivages englacés de la péninsule Antarctique, tout comme souvent dans des lieux tout aussi exceptionnels de beauté de par le monde, je sentis des larmes me couler le long du visage. Pas des larmes de tristesse, oh non !, mais de bonheur, de pur bonheur face à ces splendeurs de la nature.

Mais le plus étrange, c’est que je crus sentir proches, tout proches, virevoltant autour de moi, des grains de poussières invisibles, ceux que la brise avait emporté le matin même dans les espaces bleutés du ciel de printemps de la Balme de Sillingy. Mon oncle Henri était là, encore là, toujours là, et je savais qu’il le serait à tout jamais.

Henri devenu poussières de vie…

lundi 6 février 2017

65°06’ sud 64°03’ ouest.


En cherchant bien, sur un planisphère (à condition qu’il descende assez bas !) ou alors sur une mappemonde, vous parviendrez sans doute à localiser, au moyen des coordonnées géographiques ci-dessus, l’île Pléneau…
Pléneau, du nom de l’un des membres de l’état-major du Français, bâtiment commandé par Jean-Baptiste Charcot qui entreprit une expédition vers le pôle sud en 1904-1905. Cette petite île est située à proximité du cercle polaire antarctique.

Après m’être approché en juin dernier du pôle nord, découvrant l’archipel du Svalbard, j’avais déjà décidé de me rapprocher de son opposé, durant l’été austral, sans toutefois en être aussi près, ce genre d’expédition étant en général exclusivement réservée aux scientifiques. Mais aborder la péninsule Antarctique me semblait être déjà une extraordinaire aventure.

Celle-ci est désormais à portée de main. Dans deux semaines, après de nombreuses heures d’avion, gagnant Buenos-Aires puis Ushuaia, la ville la plus extrême de l’hémisphère sud, je pourrai monter à bord du navire qui s’aventurera dans le périlleux et mouvementé Passage de Drake. Passé les Îles Shetland du sud, il dirigera alors son étrave vers la pointe nord de la péninsule, face à la mer de Weddell, longeant ensuite sur plusieurs milles la côte ouest jusqu’à cette île minuscule, le point austral le plus extrême que j’aurai pu atteindre.
Depuis Paris, pas moins de 14 300 kilomètres. Mais, depuis Pyramiden, cette ville fantôme du Svalbard située par 78°41’ nord, ma plus haute latitude, la distance est alors de 17 650 kilomètres…
Ces deux lieux extrêmes, qui matérialiseront les bornes de mon univers connu, seront les pivots du livre que j’ai entrepris d’écrire et dont la première partie, celle consacrée au Svalbard, est à présent achevée. Vais-je revenir aussi désemparé, perturbé, troublé ? Vais-je atteindre là aussi une limite à ne plus désirer franchir ? Je ne le sais encore. Mais, à lire les récits des grands explorateurs du début du XXème siècle, véritables aventuriers qui étaient loin de disposer du matériel et de l’équipement que nous possédons aujourd’hui, tous animés d’une volonté de fer et d’un véritable feu sacré, les Shackleton, Charcot, Nordenskjöld, Ross ou encore Amundsen, on ne peut que rester muet d’admiration devant leurs prouesses, leur inépuisable énergie, leur bravoure sans limite, eux qui jamais n’ont douté. Les quelques lignes ci-dessous, outre un hommage à leur mémoire, ont été pour moi une des raisons qui m’ont poussé à vouloir partir, d’une façon certes bien plus confortable, vers ces univers figés et englacés qui ne cessent de m’attirer et qui les ont tant attirés et fascinés eux aussi.

« De tous côtés des terres blanches, décolorées, coupées d’ombres fauves ; l’impression d’un fragment de lune tombée à la surface de l’océan, et dont le sommet émergeait. » (Otto Nordenskjöld,  Vingt-deux mois dans les glaces,  Paulsen, 2013, p.38)

« Un paysage étrange. Un sol déchiré de profondes crevasses ; au-dessus, des murs de rochers hérissés de tours et de gigantesques blocs qui ont l’air de sphinx préposés à la garde de cette solitude énigmatique. Nulle part trace de végétation, pas le moindre atome de terre ou de sable. Rien que des rochers arides et des nappes de cailloux agglomérés comme un macadam par le souffle puissant et inlassable des ouragans. » (Ibid. p.66)

« La nuit est splendide, calme et froide. (…) La lune brille, merveilleuse, et les étoiles se détachent comme des parcelles en fusion blanche et froide. Tout ce qui m’environne paraît un morceau détaché de l’astre même qui l’éclaire ; des glaces et de la mer, de la neige et des montagnes semble sortir cette lumière divine, irradiation mystérieuse, auréole pure et froide d’une région céleste. Et les icebergs et la mer, et les grandes montagnes et les rochers et la lune et les ombres elles-mêmes sont des divinités puissantes, larges, calmes, majestueuses dans le néant. » (J.B. Charcot, Le Français au Pôle Sud, Librairie José Corti, 2006, p.131)

« D’où vient donc l’étrange attirance de ces régions polaires ? (…) D’où vient le charme inouï de ces contrées pourtant désertes et terrifiantes ? Est-ce le plaisir de l’inconnu ? » (Ibid. p.294-5)


Trouverais-je là-bas, « en bas », les réponses à ces mêmes questions… ?



Une webcam, régulièrement mise à jour, existe à la station américaine Palmer, située légèrement plus au nord de l’île Pléneau. Elle donne un bon aperçu du paysage en temps réel.

mardi 29 novembre 2016

Henri Cettour 1917-2016

Mon oncle Henri vient de nous quitter en ce 28 novembre 2016.

Une fois la tristesse, l’émotion passée, comment ne pas rendre hommage à cet homme si riche qui laisse derrière lui un grand vide ? Mais aussi avec un sourire, car il y aurait tenu, une coupe de Champagne à la main ! Nous lui devons tant de souvenirs.

C’était le mari de la sœur de mon père.
Toute sa vie ne fut consacrée qu’à la mise en valeur de l’autre, car jamais il ne voulut apparaître en première ligne. Pourtant…

Tout jeune, il aida sa mère, restauratrice à Évian, que son mari venait d’abandonner, l’épaulant alors que son frère allait bientôt disparaître, vaincu par la maladie. Pour ce faire, ses mollets de futur sportif lui permettaient, avec aisance, de porter, en vélo, les plis urgents ainsi que les télégrammes destinés aux résidents huppés de l’Hôtel Royal qui dominait le lac.
En 1938 (je vous laisse calculer son âge !), il courait le 100 mètres en 11 secondes ! Quand je l’interrogeai, il y a dix années de cela, dans un restaurant de Chamonix qu’il aimait particulièrement, sur la façon dont il avait réussi cet exploit, avec le matériel de l’époque, il me répondit tout naturellement : « les starting-blocks n’existaient pas ; on avait chacun une petite pelle qui nous permettait de creuser un appui pour chaque pied au niveau de la ligne de départ. Et la piste était à base de cendre et de scories… » !

Il fut longtemps inspecteur au Ministère de la Jeunesse et des Sports, où il fit d’ailleurs la connaissance d’un ami qui resta à ses côtés sa vie durant, Raymond Joly, centenaire depuis juin dernier, et qui doit se sentir bien seul aujourd’hui…

Il écrivit et publia aux Éditions Le Moniteur, en 1991, une véritable bible qui est encore une référence à ce jour, « Stades et terrains de sport ».
Avec une de ses autres bonnes relations également, l’architecte Roger Taillibert, il apporta ses conseils sportifs et techniques dans le cadre, notamment, du complexe olympique de Montréal puis dans le complexe sportif et culturel de Chamonix qui abrita et abrite encore l’ENSA, l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme… dont il fut le directeur plusieurs années.

C’est dans cette ville mondialement connue, une des rares au monde, la seule me disait-il souvent, qui soit aussi près d’un sommet mythique, le Mont Blanc, et que l’on peut rejoindre sans difficulté par la route ou le train, qu’il s’établit définitivement.

C’est là, dans l’ancienne ENSA, devenue ensuite centre Jean Franco, puis maison de retraite, qu’il vient de nous quitter, au pied de ce massif sublime qu’il aimait contempler chaque jour…


À toi, mon oncle Henri.

jeudi 24 novembre 2016

Juste une question de distances !


18692 kilomètres, c’est la distance qui sépare la petite ville de Longyearbyen (Spitzberg, archipel du Svalbard) du pôle sud.

Deux mille kilomètres, c’est environ la distance entre, par exemple, Paris et Marrakech, Athènes, Kiev ou Saint-Pétersbourg.

Mais deux cents kilomètres, plus ou moins, c’est aussi la distance que j’ai parcourue à chaque fois, au cours de ces derniers mois, partant de Paris pour gagner trois villes ou régions qui m’ont laissé des souvenirs au moins aussi prégnants que ceux de mes lointains voyages !
Il ne suffit pas forcément de faire de grands trajets pour être conquis par des paysages ou des villes dignes d’admiration et en être émerveillé.

Lille, où je vécus une dizaine d’année jadis, poursuivant mes études et démarrant ma vie professionnelle, me conquit une nouvelle fois. Comme elle mérite bien son nom de « Capitale des Flandres » ! Tout y est si beau, si flamboyant dans ses vieux quartiers superbement rénovés. Flâner au gré de ses envies, de son inspiration du moment, lever les yeux et admirer de magnifiques façades se détachant sur un vaste ciel bleu (oui, il fait beau dans le Nord !), déambuler au hasard, savoir se poser sur un banc dans l’un des nombreux jardins en train de se parer des couleurs de l’automne, tout contribue à vous rendre heureux.

Découverte au cours de l’été 2015, la région champenoise, étonnamment si proche de Paris (elle débute à soixante-dix kilomètres de la capitale), m’avait ravi une première fois. La paisible vallée de la Marne, bordée de coteaux verdoyants où les rayons d’un chaud soleil faisaient lentement mûrir les grappes fécondes, l’opulente Épernay et ses riches demeures, la visite étonnante, en petit train, des caves souterraines de la maison Mercier (à ne manquer sous aucun prétexte !) m’avaient laissé un durable souvenir. L’automne installé, je souhaitais à nouveau me repaître de ces beautés, cheminant tranquillement depuis Château-Thierry jusqu’en plein milieu des vignobles, parés cette fois de teintes cuivrées et aux reflets mordorés indéfinissables. Savourer avec des amis le pétillant nectar, un œil en contrebas sur la vallée tranquille, où les dernières écharpes de brume s’évanouissaient sous le soleil de midi, ne peut que rester gravé dans la mémoire.

Les vents automnaux semblaient avoir voulu se calmer provisoirement pour me permettre de profiter pleinement de cette autre ville située à moins de deux heures de Paris, Troyes, autre joyau de la Champagne. Je reste encore aujourd’hui sous le charme de cette cité admirable et si riche en monuments de toutes sortes. Vieilles maisons en briques et colombages, rues étroites au point que parfois les toits se rejoignent, demeures fastueuses, nombreuses églises toutes aussi splendides les unes que les autres et dont certaines recèlent de véritables trésors (comment oublier l’extraordinaire jubé de pierre de l’église Sainte Madeleine, chef d’œuvre de l’Art flamboyant, tout comme ses magnifiques vitraux datant du début du XVIème siècle ?). Le hasard me fit assister le dimanche à la grand-messe, en présence de l’évêque. Mais ce furent surtout les échos d’une musique entendue depuis l’extérieur qui me firent à nouveau pénétrer dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul pourtant visitée la veille. Un orchestre de cuivres et de percussions, accompagné d’un chœur mélodieux, scandaient la cérémonie aux sons d’une musique résolument moderne qui me conquit d’emblée. Comme une signature magistrale avant que je ne quitte cette ville où je reviendrai, c’est sûr. Une musique dont les échos plus qu’étranges résonnent encore à mes oreilles.


Oui, juste une question de distances. Relativiser, rester curieux, sans cesse avide de nouvelles découvertes. Le plaisir des yeux et les émotions qui les accompagnent peuvent parfois se situer à deux pas de chez soi.

Alors, allez, allons…

dimanche 9 octobre 2016

La vie… d’un touriste.

Ce grand écrivain, dont la vie remonte à plus d’un siècle et demi, ne m’avait pas laissé un émouvant souvenir lorsque je dus étudier, des mois durant, au lycée Condorcet à Paris, l’une de ses œuvres majeures et il s’était peu à peu enfoui au plus profond de ma mémoire.
Tiens, mémoire… (avec ou sans s ? Un indice ?)

Dès sa sortie en 1966, déjà sous le charme ensorcelant des films de François Truffaut, j’allai voir Fahrenheit 451 (nouvel indice !). À la fin du film, on se retrouve dans une forêt, isolée de la ville moderne où les livres sont interdits et donc brûlés. Là, vivent des hommes et des femmes qui sont peu à peu devenus des hommes-livres, apprenant par cœur, et les récitant sans cesse, des ouvrages de façon à ce qu’ils ne tombent pas dans l’oubli. Le réalisateur fait ensuite progresser sa caméra de l’un à l’autre, chacun déclinant son identité sous la forme du livre qu’il représente. Longtemps je fus intrigué par le titre de l’un d’eux, ignorant pour quelle raison l’auteur de la future et admirable Nuit américaine l’avait choisi : Vie de Henry Brulard.
Le voile est désormais levé ! L’écrivain mystérieux est démasqué : le grand Stendhal, Henry Beyle, ou encore Henry Brulard, l’auteur de Le Rouge et le Noir du lycée.

J’ignorais il y a peu de temps encore qu’il avait écrit Mémoires d’un touriste. Sans doute avais-je retenu le titre au détour d’un de ces nombreux livres qui ne cessent de m’accompagner lors de mes virées un peu partout sur la planète. Je finis donc par me le procurer, le débutant dans l’avion  qui m’emmenait vers le Svalbard en juin dernier. Malgré son épaisseur il me fallut moins de deux mois et demi pour le dévorer, tant je pris un plaisir intense à sa lecture. Oh, n’allez pas vous imaginer des destinations lointaines ! Non, ce touriste, certes un peu particulier, nous emmène en France, tout simplement. Mais que de découvertes, que de richesses au fil des pages. Je n’en citerai que deux, car elles m’ont particulièrement marquées. Celle de Nantes, que l’écrivain de La Chartreuse de Parme a manifestement aimé parcourir à pied, et Beaucaire en pleine période de foire.

« Réconcilié » avec cet auteur à la personnalité déconcertante et insaisissable, mais au romantisme particulièrement sensible, je ne pouvais que continuer avec la Vie de Henry Brulard, autobiographie quasiment psychanalytique avant la lettre, inachevée, écrite sur le tard à plus de cinquante ans et qui ne sera publiée que longtemps après sa mort. Mon bonheur fut non moins égal, et quatre petites semaines me suffirent pour découvrir une personnalité troublante mais aussi les premières années de vie de l’écrivain qui comptèrent tant par la suite. Tout s’éclaira également quant au choix de ce titre par François Truffaut, comme si le réalisateur avait voulu par là régler quelques comptes avec son enfance, leur vécu à l’un comme à l’autre s’inscrivant en clair dans leurs œuvres.

« Le hasard a fait que j’ai cherché à noter les sons de mon âme par des pages imprimées » (Vie de Henry Brulard) 

lundi 1 août 2016

Gaspésie, oh oui !

Voilà bientôt vingt ans que je connais le Québec, y allant plus ou moins régulièrement, suivant en ce sens les destinées universitaires de mes filles (voir à ce propos mon billet du 3 juillet 2015). J’avais peu à peu réussi à en connaître les principaux sites incontournables (à l’exception du grand nord bien sûr) que j’avais tous appréciés en hiver ou en été selon les périodes où je m’y rendais. J’étais à chaque fois tombé sous le charme de cette nature vaste, presque sans fin, aussi belle sous la neige que sous les chauds rayons du soleil de la belle saison. Les villes, grandes ou petites, également, tout comme ces petits villages collés le long des routes, avec leurs fermes colorées immanquablement flanquées de leurs silos à céréales.
Mais il me manquait encore une région, et non des moindres, classée systématiquement trois étoiles dans les guides, et que je n’avais toujours pas découverte, la Gaspésie, cette longue et large péninsule dont la superficie équivaut à celle de la Belgique. Elle est bordée au nord par le Saint-Laurent, de plus en plus large, au sud par la Baie des Chaleurs (qui s’ouvre sur l’immense golfe du Saint-Laurent) ainsi dénommée par Jacques Cartier en raison de la brume qui la recouvrait et qu’il pensait due, par erreur, à  la chaleur de l’eau. Et c’est sur l’initiative et l’invite de ma quatrième fille que je m’envolai mi-juillet pour un nouveau séjour d’une dizaine de jours vers la ville de Québec où elle réside. Aussi, ce billet sera-t-il principalement une suggestion de circuit tel qu’elle a su le préparer, avec goût et intelligence, s’évertuant à limiter le nombre de kilomètres journaliers de façon à nous permettre de savourer tranquillement les endroits qu’elle avait identifiés sur la carte ou qu’on lui avait recommandés. D'autant qu’elle avait déjà eue l’occasion d’en voir une partie l’année précédente en compagnie de quelques amies de la faculté dont l’une était précisément originaire d’une des bourgades par où nous allions passer, Carleton.
Alors, si le cœur vous en dit, suivez-moi ou plutôt, suivez nous !


Un circuit en Gaspésie

Il faut considérer un minimum de 8 jours au départ de la ville de Québec. Le tour de la Gaspésie, que nous avons fait en débutant par la côte sud (du moins après avoir remonté le fleuve jusqu’à Rimouski, puis obliqué à Sainte-Flavie pour traverser la péninsule, longeant le lac Matapédia puis la rivière éponyme jusqu’à la frontière avec la province du Nouveau-Brunswick), remontant ensuite par la côte nord après le Cap-des-Rosiers, représente en effet un circuit d’un peu plus de deux milles kilomètres. En ce sens, les deux plus longues étapes (en majorité sur la Transcanadienne 20, autoroute à quatre voies, gratuite, limitée à cent kilomètre/heure maximum) sont d’un peu plus de trois cent kilomètres chacune. La ville de Rimouski peut être considérée de ce fait comme le point de départ du « grand tour » et que nous avons préféré, tant l’un que l’autre, faire dans ce sens plutôt que dans l’autre (côte nord puis côte sud).

Avant d’arriver à cette ville, du nom de la rivière au bord de laquelle elle s’est établie, la visite de notre premier parc national, celui de Bic, situé à quinze kilomètres en amont, faisait partie de notre programme et nous avions même prévu d’y déjeuner. Il convient d’y entrer, venant de l’ouest, par le « Chemin de la Mer », puis d’en ressortir au niveau du secteur « Rivière-du-Sud-Ouest ». Par une randonnée dans un joli sentier en forêt de deux heures environ, on atteint le pic Champlain, falaise quasi verticale appartenant aux plissements appalachiens, d’où l’on a une vue sur 180 degrés sur le Saint-Laurent – dont l’estuaire mesure désormais plus de trente kilomètres de large ! – et les presqu'îles du parc. Reprenant la voiture, une courte escale à la pointe des Épinettes peut permettre, si l’on a de la chance, d’apercevoir des phoques ! Le décor, minéral et marin à souhait, est sublime. Enfin, la route de sortie offre d’autres panoramas non moins splendides. Ce parc est à ne pas manquer !

Rimouski, une belle ville comme première étape. La balade sur la promenade le long du Saint-Laurent  en fin de journée puis au coucher du soleil après un agréable repas dans l’un des nombreux restaurants jalonnant la rue principale est de toute beauté. À marée basse, des rochers semblables à de gros galets  polis et arrondis se découvrent et paraissent comme posés délicatement sur un tapis d’herbes vertes aux longues tiges que la marée haute cache à la vue. Ne pas manquer de monter sur la petite terrasse où est installé un curieux marégraphe et de jouir d’une vue magnifique. Il nous a été dit au retour que le magazine National Geographic avait classé en cinquième rang au monde les couchers de soleil de Rimouski !

Poursuivant depuis Sainte-Flavie la route 132, le paysage change subitement car nous avons quitté le grand fleuve. Ce sera la traversée des Monts Notre-Dame, longue chaîne qui coupe d’est en ouest la Gaspésie (à ce propos il convient de préciser que ce mot vient de Gaspé qui tire son nom du terme micmac « gespeg » signifiant « fin des terres »), royaume de la forêt, de la nature sauvage, des rivières et des torrents, riche en animaux de toute sorte, ours et orignaux y compris, sans oublier les saumons signalés dans pratiquement toutes les rivières que nous avons traversées ! Un court arrêt permet d’admirer le lac Matapédia, longue échancrure au milieu d’une épaisse forêt, puis de longer la rivière émissaire qui se jette dans le tout début de la Baie des Chaleurs. À mi-chemin environ, sur la droite de la route, un fort joli pont couvert en bois, peint de rouge vif  extérieurement, permet de la traverser. La jolie route longe ensuite cette baie, au début sorte de marécage peu profond puis qui s’ouvre progressivement au-delà de la ville de la province voisine, Campbellton.

Carleton, au pied du Mont Saint-Joseph qui culmine à 555 mètres, est de toute beauté. Une longue et étroite bande de terre, à l’extrémité de laquelle est érigé un joli petite phare en bois peint de rouge et de blanc, permet d’avoir une vue générale sur cette petite station balnéaire, le mont qui la domine, et le barachois, cette sorte de lagune-marais séparée de la mer par une étroite frange sablonneuse, souvent un paradis et un refuge pour les innombrables oiseaux. Si le temps le permet, et surtout depuis le sommet du mont que l’on peut atteindre en voiture (parking gratuit le soir pour cette vue unique !), on peut apercevoir l’île aux Hérons. Ma fille avait réservé une chambre dans un chalet absolument splendide, tout en bois, juste sous le mont. Depuis la magnifique terrasse, assis confortablement dans une jolie balancelle, la vue « imprenable » était à couper le souffle (et là je ne parle pas de la violente tempête qui, quelques années auparavant, avait couché ou déraciné une grande quantité d’arbres ; mais le chalet avait tenu !). Un Aibnb particulièrement sympa !. De même la microbrasserie Le Naufrageur est une halte bien agréable en fin de journée !

Étape suivante, Percé, l’une des deux extrémités de la péninsule gaspésienne. Si le trajet  peut paraître long en nombre de kilomètres, il est largement compensé, pour peu que le soleil brille et que la brume souvent présente ne masque pas le paysage, par des décors sublimes, la 132 longeant la mer la plupart de temps. Les teintes dominantes sont le bleu de la mer et du ciel, le vert des prairies, et le blanc ou le rouge, voire le jaune ou l’ocre des jolies fermes au bord de la route. Les plages de sable grossier ou de galets sont souvent entrecoupées par des falaises rocheuses aux nuances brique surprenantes où viennent se nicher de nombreux oiseaux, principalement des mouettes, des goélands, des plongeons et surtout beaucoup de cormorans. Ne pas manquer de faire un arrêt pour suivre le sentier pédestre menant à la Pointe-aux-Corbeaux (court et facile). Avant d’arriver à Hope, sur la commune de Paspébiac-est, se diriger vers la mer, se garer, puis suivre le balisage.

L’approche puis l’arrivée à Percé est et restera inoubliable. La photo du fameux rocher percé, trou béant sous une falaise verticale, île qui ferme la baie côté nord est visible dans tous les guides et sur tous les sites. Cette île, tout comme celle de Bonaventure et la petite station balnéaire valent à elles seules un voyage au Québec ! Ma fille m’avait prévenu bien avant le départ, me disant avoir trouvé « LE » gîte le plus exceptionnel. Et elle ne s’était pas trompée. Imaginez un cap (le cap Blanc, du fait de la couleur de la roche car ailleurs elle est plutôt rouge orangé). Celui-ci ferme la baie côté sud. Le Gîte de Capitaine, superbe maison de plain-pied, comme posée sur la pelouse d’un vert cru, domine, séparée par une haie d’arbustes et de fleurs, une seconde pelouse qui se termine presque directement sur une falaise à pic. La chambre retenue avec insistance, dite du commandant, donnait sur les pelouses et l’intégralité de la baie. En face de nous, au-delà des flots bleus, le rocher percé, prolongé de son aiguille ! Il nous fut impossible de fermer les rideaux cette nuit-là ! Daria et Urs, couple originaire de Lucerne en Suisse, nous accueillirent avec chaleur et moult explications. L’apéritif vespéral que nous prîmes tous les deux ce soir-là, confortablement assis dans de gros fauteuils en bois, face à la baie et au rocher, bien vêtus car la fraîcheur se fit rapidement sentir, restera marqué à tout jamais dans nos mémoires. Gîte du Capitaine 10 chemin du Belvédère, Percé. Excellents petits déjeuners maison préparés par Daria. Pour dîner : La Vieille Usine à L’Anse-à-Beaufils, à moins de dix kilomètres avant d’arriver à Percé. Joli petit port, et de très bons fruits de mer. Pensez à déguster la « guédille au homard », succulent sandwich au homard frais !

L’arrivée de la brume !
 Nous fûmes réveillés en pleine nuit par un gros orage et de nombreux éclairs qui s’abattirent sur la région. Le matin, espérant jouir à nouveau de la vue, la brume, un brouillard épais et très dense,  enveloppait tout. On ne voyait même plus les pelouses. Notre projet de croisière pour nous approcher du rocher percé puis gagner ensuite l’île Bonaventure, y débarquer et en faire le tour afin d’admirer l’imposante colonie de fous de Bassan semblait bien compromise. Même l’ascension, en voiture, du Mont Sainte-Anne, pour appréhender la totalité du site, fut impossible. Il ne restait qu’à espérer de meilleures conditions météorologiques pour le lendemain.
Mais les jours suivants, ce ne fut qu’un jeu du chat et de la souris entre le soleil et cette brume, apparemment assez fréquente dans cette région. La raison est due au fait que la température de la mer, même en été, ne dépasse pas quatre degrés, alors que sur la terre celle-ci peut atteindre dans la journée les trente degrés, d’où cet effet de condensation subite et imprévisible.
Le gîte de la veille n’étant plus disponible, nous avons dû déménager pour un autre gîte en ville, en fait une jolie petite demeure près de l’église, entourée d’élégantes prairies bien vertes. Gîte La Rêvasse 16 rue Saint Michel, Percé. Ne pas manquer, par beau temps, d’accéder au Mont Sainte-Anne et de voir également la Grotte.

Le surlendemain la brume était encore présente mais finit par se lever. Heureusement, car c’eut été fort dommage vu le programme que nous avions prévu. Après un copieux petit-déjeuner préparé par notre aimable hôtesse, nous prîmes la route en direction de Gaspé, ville administrative et commerciale sans grand intérêt. Néanmoins, la route côtière depuis Percé est particulièrement pittoresque et offre de beaux points de vue depuis les nombreuses plages où abondent les bois flottés. Une fois la ville passée, celle-ci se poursuit, toute aussi touristique, et s’ouvre sur de splendides panoramas. Elle longe la partie septentrionale de la baie de Gaspé et permet de gagner le parc national Forillon qui mérite absolument le détour. Sa partie sud-est, en direction du cap Gaspé, est payante (tout comme le parc de Bic cité plus haut et le parc de la Gaspésie que nous évoquerons ultérieurement). Le soleil continuait de briller chaleureusement et teintait de façon majestueuse les eaux de la baie. Des vues plongeantes donnaient sur des plages désertes encadrées de falaises où des conifères parvenaient à s’accrocher fermement au mépris de la gravité. Une fois le véhicule garé sur le tout dernier parking, une marche sur un sentier dominant les eaux scintillantes puis se poursuivant dans la forêt, soit un total de huit kilomètres aller-retour (environ trois heures), permet d’atteindre « le Bout du Monde », promontoire en plein vent à 95 mètres au-dessus des flots où est érigé un joli phare en bois peint en rouge et blanc. Le vent, souvent frais, voire froid, y souffle en permanence, mais ce lieu de pique-nique est vraiment extraordinaire. Ne pas manquer de prendre le petit chemin en contrebas à gauche du phare qui donne accès à un belvédère littéralement suspendu dans le vide et d’où la vue est à couper le souffle. On y voit quantité d’oiseaux et de phoques batifolant dans les eaux agitées.
De retour au parking, après avoir eu la chance de voir un paisible et corpulent porc-épic se délectant avec nonchalance des feuilles tendres d’un arbuste, nous reprîmes la voiture pour gagner le secteur nord du parc de façon à accéder au cap Bon-Ami d’où les vues sur la mer et les imposantes falaises sont une fois encore des plus extraordinaires. Enfin, revenant sur nos pas, notre journée se termina par notre nouvelle étape, toute aussi ahurissante que les précédentes puisque une nuit avait été retenue dans le Motel du  Haut Phare, au Cap-des-Rosiers, 1334 route 132 (bons dîners sur place, tout comme les copieux petits déjeuners). Haut puisque avec ses  trente-sept mètres c’est le plus élevé de tout la Canada. Une fois encore, la vue depuis la chambre qui donnait sur la baie et le cap Bon-Ami restera un souvenir marquant. Davantage même le lendemain matin lorsque des bancs de brumes masquaient de temps à autre la baie, donnant au panorama un aspect étrange. Le phare disparaissait lui aussi dans les écharpes de brouillard puis réapparaissait sous les rayons d’un soleil déjà haut.

Ce fut ensuite la route côtière, toujours la fameuse 132. Nous fîmes un bref retour en arrière dans le parc pour aller admirer la Chute, jolie cascade en pleine forêt que l’on atteint par un sentier facile et ce fut en nous y rendant que nous eûmes l’énorme surprise de voir un ours brun traverser paisiblement la chaussée ! Cette 132 longeait d’assez près la mer et parfois nous nous arrêtions pour admirer la côte où de véritables vagues figées de roches, inclinées, aux étonnantes couleurs grise, beige, rouge disparaissaient dans les flots. Des pêcheurs venaient y remonter avec leurs cannes à lancer de beaux maquereaux qui finiraient grillés sur leurs barbecues. Au fond des baies se nichaient de petits villages, parfois de plus grosses bourgades, de part et d’autre d’une rivière qui descendait de la montagne. Des plages de sable gris, aux estrans toujours jonchés de bois flottés, donnaient à ce paysage un aspect quelque peu mélancolique, davantage encore lorsque la brume réapparaissait. De spectaculaires falaises venaient parfois tomber à pic dans le vaste estuaire dont la côte nord demeurait encore invisible. La route semblait bien petite et étroite dans ce paysage grandiose. Oui, la côte nord de la Gaspésie est bien différente de celle du sud.
Nouvelle étape peu après Sainte-Anne-des-Monts, au Cap-Chat, où un nouveau gîte qui dominait la mer nous attendait. Gîte de l’Arc-en-Ciel, 39 rue Notre-Dame. Mais la vue sur la mer, depuis notre chambre ou de la belle terrasse, restait masquée par la brume ce soir-là tout comme le lendemain matin. Ceci n’entama toutefois pas notre bonne humeur, encore moins lors de notre excellent dîner au restaurant Valmont, 10 rue Notre-Dame est, où je me délectais d’une délicieuse poutine aux crevettes de Matane, accompagnée d’une bonne bière pression de micro brasserie !

Le retour s’annonçait peu à peu. Mais auparavant, une visite dans un nouveau parc était prévue au programme, avec deux jolies et courtes randonnées. Depuis Sainte-Anne-des-Monts, la route 299 traverse la péninsule en direction de New Richmond. Au bout d’une quarantaine de kilomètres environ, bifurquer sur la gauche et, après avoir acquis le droit d’entrée, prendre la route 16. À partir de ce point, du moins en suivant le guide visiteur remis à l’accueil, possibilité de faire au moins deux belles randonnées. La première, assez courte (2,5 kms et 95 mètres de dénivelé) permet d’atteindre le très beau lac des Américains, au centre d’un vaste cirque de montagne où se trouvait jadis un glacier. C’est en cet endroit que tombe le plus de neige en  hiver au Québec, plus de huit mètres ! La seconde, plus longue et formant une boucle (4,5 kms et 155 mètres de dénivelé) mène jusqu’au sommet du mont Ernest-Laforce. Jolie balade en forêt, le plus souvent découverte et, dit-on, royaume des orignaux. Mais, vu la fréquentation touristique en été, ceux-ci restent prudemment cachés !
Retour sur nos pas en direction, toujours par la jolie route côtière, vers notre dernière étape, Pointe-au-Père, peu avant Rimouski. Notre dernier gîte, tout aussi bien situé que les précédents, donnait directement sur la plage. La marée était basse et nous sommes longuement restés au chaud soleil de la fin d’après-midi, assis sur des rochers, avant que de nouveaux bancs de brume ne viennent masquer épisodiquement la côte et le large, nous empêchant de distinguer à l’œil nu la rive opposée du fleuve. Mais nous eûmes la surprise de voir quelques phoques s’égayer dans l’eau ainsi que l’ami de notre hôte, Gabriel, faire ses premiers essais de paddle, bien protégé des eaux glacées par sa combinaison. Gîte de la Pointe, 1046 rue du Phare, Rimouski. Pour dîner, se rendre à Sainte-Luce, quelques kilomètres en amont, via la Route des Navigateurs. L’Anse aux Coques, face à la mer, avec son large de choix de plats avec des fruits de mer tout frais !


Le lendemain matin, une fois chassées les dernières écharpes de brume, le soleil nous accompagna généreusement sur notre route en direction de Québec, riches l’un et l’autre de souvenirs durables, de saveurs inoubliables, et amoureux passionnés de cette si belle Gaspésie !

dimanche 15 mai 2016

En route vers les anneaux de Neptune et ses « Terres d’ailleurs »…

Parti pour un voyage intemporel, André Brahic nous a quittés en ce dimanche de la Pentecôte. Trop tôt, toujours trop tôt, pour nous vivants. Je l’avais connu lors d’une – brillante – présentation, il y a quelques années, dans le cadre de Conférences expérimentales organisées par Dominique Bonin de l’ESPCI à Paris.
Plus récemment, il y a un an à peine, je lisais, avec la passion que l’on me connaît, son magnifique livre, co-écrit avec Bradford Smith, Terres d’ailleurs  À la recherche de la vie dans l’Univers. Nous avions, à cette occasion, échangé par mail. Comment ne pas retranscrire ici l’une de ses phrases, tellement optimiste, lui qui rayonnait d’enthousiasme : « Nous avons simplement la chance de vivre à une époque merveilleuse et de connaître des progrès de la science rapides et impressionnants. »
Je reste convaincu que dans ce voyage intemporel qu’il vient d’entreprendre il trouvera la vie…


 (André Brahic avait déjà été évoqué dans l’un de mes précédents billets, intitulé Au fil de mes lectures…, daté de juin 2015.)